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chiffrage Publié le 10 minutes de lecture

Combien me coûte vraiment une cure visage mal suivie, en heures et en euros ?

Une cure abandonnée à la troisième séance ne se voit pas dans le chiffre d affaires du mois. Elle se lit dans les heures passées à reconstituer un dossier, dans les produits offerts pour rattraper une déception et dans les créneaux qui restent vides. Voici la méthode pour chiffrer ce coût avec vos propres chiffres.

Par Jimenez Julien, mis à jour le .

Esthéticienne d une quarantaine d années assise à une table ronde, calculatrice de bureau et pile de fiches cartonnées devant elle, dans une pièce claire

Il n’existe aucun montant universel, et méfiez-vous de qui vous en annonce un. En revanche, la structure du coût est toujours la même, et elle se calcule en une demi heure avec vos propres chiffres.

Sept postes seulement, dans cet ordre de poids décroissant pour la plupart des cabines.

  1. Les séances vendues dans un forfait puis jamais consommées.
  2. Le renouvellement de cure qui n’a pas lieu l’année suivante.
  3. Votre temps administratif, invisible parce qu’il se prend sur le temps de soin.
  4. Les créneaux réservés puis libérés trop tard pour être revendus.
  5. La séance offerte pour réparer une déception.
  6. Les produits et échantillons distribués en rattrapage.
  7. Le temps de gestion d’une contestation de fin de cure.

Le premier réflexe consiste à regarder le produit offert. C’est presque toujours le poste le plus petit. Ce qui coûte, c’est le temps et la séance jamais vendue.

Poser la méthode avant de poser des chiffres

Un chiffrage ne vaut que si l’unité de mesure est juste. Ici, l’unité est votre coût horaire de cabine, exprimé en euros par heure réellement facturable.

Votre coût horaire réel de cabine

Additionnez d’abord ce que votre cabine coûte sur douze mois, que vous receviez ou non: loyer et charges, énergie, assurance, cotisations sociales, abonnements, entretien du linge, amortissement du matériel, et la rémunération que vous voulez vous verser.

Divisez ensuite ce total par vos heures réellement facturables, pas par vos heures d’ouverture. Une cabine ouverte trente cinq heures par semaine n’en facture jamais trente cinq: retirez l’accueil, le nettoyage entre deux clientes, la stérilisation, les commandes, la comptabilité et les créneaux non pourvus.

L’écart entre les deux nombres est précisément ce que la plupart des praticiennes sous estiment. Une heure d’ouverture non facturée coûte exactement autant qu’une heure facturée.

Pourquoi les moyennes du secteur ne servent à rien ici

Une moyenne nationale mélange une cabine installée à domicile et un institut sur rue piétonne, une praticienne seule et une équipe de quatre, une carte de soins isolés et une offre construite en forfaits. Aucune de ces réalités n’a le même coût horaire.

Surtout, vous n’arbitrez pas pour le secteur. Vous arbitrez pour votre cabine, avec votre loyer et votre nombre de cures actives. Un chiffre approximatif venu d’ailleurs ne vous fera jamais changer de méthode, un chiffre que vous avez calculé vous même, si.

Le coût du temps administratif invisible

Ce poste ne figure sur aucune ligne de votre comptabilité, parce qu’il se prélève sur du temps déjà payé par la cliente. Il est pourtant le plus régulier.

Reconstituer ce qui a été fait la dernière fois

Une cure mal tracée impose, avant chaque séance, un travail de mémoire. Quel protocole cabine avez-vous appliqué la fois précédente, avec quelle texture, sur quelle zone, et qu’aviez-vous conseillé à la maison.

Quand cela n’est écrit nulle part, comptez quelques minutes en début de séance, prises sur le soin, plus une part d’approximation. Estimez ce temps en minutes, honnêtement, puis multipliez par six séances, puis par le nombre de cures que vous menez dans l’année.

Un exemple de mécanique, avec des valeurs que vous remplacerez par les vôtres: huit minutes par séance sur une cure de six visites font quarante huit minutes, soit près d’une heure de votre coût horaire par cure, avant même d’avoir parlé d’argent perdu.

Chercher une photo, rappeler, réexpliquer

À ce temps de reconstitution s’ajoutent trois micro tâches qui reviennent sans cesse: faire défiler une galerie de téléphone pour retrouver la photo de la première visite, rappeler une cliente pour vérifier le nom exact d’un produit qu’elle utilise, réécrire un conseil de routine déjà donné et déjà oublié.

Chacune dure peu. Additionnées sur trente cures actives, elles occupent plusieurs journées de travail par an, jamais facturées et jamais visibles. C’est ce que compare notre analyse du choix entre carnet papier, téléphone ou outil dédié pour suivre vos cures.

Le coût produit et le coût du rattrapage

Le rattrapage n’est pas un incident. Dès lors qu’une cure n’a pas de trace écrite, il devient un poste récurrent, et il mérite d’être budgété ou supprimé.

Le geste commercial qui répare une déception

À la cinquième séance, une cliente vous dit qu’elle ne voit rien. Sans photo comparable ni observation cotée, vous n’avez rien à opposer, et vous offrez une séance.

Cette séance offerte coûte deux fois: votre coût horaire complet, et le créneau qui aurait pu être vendu à une autre cliente. Ajoutez-y le produit consommé. C’est le poste unitaire le plus lourd de la liste.

Notez aussi l’origine fréquente de la déception: une promesse formulée trop largement en début de cure. Le cadre de ce que vous pouvez annoncer est détaillé dans notre article sur ce qu’une cure visage peut réellement promettre à une cliente.

Les échantillons et la séance offerte

Les échantillons distribués pour faire patienter et les doses de cabine consommées en supplément se chiffrent au prix auquel vous les avez payés.

Attention à un détail qui change le montant: si vous relevez de la franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée prévue par l’article 293 B du code général des impôts, vous ne récupérez pas la taxe sur vos achats. Votre coût produit réel est donc le prix payé toutes taxes comprises, pas le prix hors taxes de la facture fournisseur.

Le coût commercial: le forfait entamé et jamais soldé

Voici le poste qui pèse le plus, et celui que l’on regarde le moins, parce qu’il ne se traduit par aucune sortie d’argent.

Le créneau réservé puis libéré trop tard

Une cure de six séances occupe un créneau régulier dans votre agenda. Quand elle s’arrête à la troisième sans être remplacée, ce créneau reste ouvert semaine après semaine, et un rendez vous annulé la veille se revend rarement.

Chiffrez-le simplement: nombre de créneaux devenus vacants, multiplié par votre coût horaire. Ce n’est pas du manque à gagner théorique, c’est une heure de cabine que vous payez sans l’encaisser.

La cure qui ne se renouvelle pas

Une cure interrompue produit un second effet, un an plus tard: la cliente ne revient pas pour la cure d’entretien. Vous perdez le renouvellement, et vous devez en plus financer l’acquisition d’une cliente de remplacement.

Comparez les deux montants. Terminer une cure engagée demande quelques minutes de suivi et une relance. Remplacer une cliente demande de la publicité, une première séance à tarif d’appel et plusieurs visites avant qu’elle s’engage sur un forfait. Remplacer coûte toujours plus cher que terminer.

Cette asymétrie s’accentue avec une clientèle qui compare et qui demande à voir, comme le décrit notre panorama de ce qui change dans le soin du visage des femmes de plus de quarante ans.

Le coût juridique et administratif d’un litige de fin de cure

Il est rare, mais son coût unitaire est élevé, et il dépend entièrement de ce que vous avez écrit au départ.

Une contestation sur un forfait déclenche une série de tâches qui ne se facturent pas: échanges de messages, recherche des dates de séances effectivement réalisées, reconstitution des produits appliqués, rédaction d’une réponse argumentée, parfois geste financier pour clore la discussion.

La cliente peut par ailleurs saisir un médiateur de la consommation, au titre des articles L. 612-1 et L. 616-1 du code de la consommation. La procédure est gratuite pour elle et vous devez lui en communiquer les coordonnées.

L’issue se joue sur deux points: le nombre de séances réellement consommées, et la qualification des sommes versées d’avance. L’article L. 214-1 du code de la consommation prévoit que ces sommes sont des arrhes, sauf stipulation contraire du contrat, ce qui n’a pas du tout les mêmes conséquences qu’un acompte. Le texte est consultable sur Legifrance.

Le tableau de calcul à remplir en une demi heure

Prenez votre coût horaire, votre nombre de cures menées sur douze mois, et recopiez ce tableau. Deux colonnes seulement sont à remplir.

Sept lignes, deux colonnes

Poste de coûtMontant unitaire, en eurosNombre de cures concernées sur douze mois
Temps administratif par cure, en minutes converties au coût horairevotre montantvos cures actives
Produits et échantillons de rattrapagevotre montantvos cures concernées
Séance offerte pour réparer une déceptionvotre montantvos cures concernées
Séances vendues dans un forfait et jamais consomméesvotre montantvos forfaits en suspens
Créneaux devenus vacants et non revendusvotre montantvos créneaux perdus
Gestion d’une contestation de fin de curevotre montantvos dossiers de l’année
Acquisition d’une cliente de remplacementvotre montantvos clientes non renouvelées

Le seuil à partir duquel il faut changer de méthode

Multipliez chaque ligne, additionnez, et vous obtenez un total annuel. Comparez-le à deux repères.

  • Le coût annuel d’un outil de suivi de cures, abonnement compris.
  • Le nombre d’heures de cabine que ce total représente à votre coût horaire.

Le second repère est souvent le plus parlant. Quand le total dépasse une semaine de travail par an, la question n’est plus de savoir si vous devez changer de méthode, mais lequel de ces sept postes vous attaquez en premier.

Ce que ce calcul change dans votre cabine

Le coût d’une cure mal suivie ne se lit pas dans le chiffre d’affaires du mois. Il se lit dans des minutes prises sur le soin, des créneaux ouverts sans être vendus et des clientes qui ne reviennent pas l’année suivante.

Une fois le total posé sur le papier, l’arbitrage devient simple, parce qu’il ne porte plus sur une impression mais sur un montant que vous avez calculé.

Soinmava agit directement sur ces sept lignes: plan de cure écrit, photos comparables, comptes rendus de séance, suivi des forfaits et des séances restantes, acomptes et relances douces. Pour poser vos propres chiffres en face, demandez une démonstration ou un devis depuis la page de contact de Soinmava.

Vos cures visage méritent une trace écrite

Soinmava tient le bilan de peau non médical, les photos comparables et les séances restantes de chacune de vos clientes, de la première visite au bilan de fin de cure.

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