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reglementation Publié le 11 minutes de lecture

Que puis-je vraiment promettre à ma cliente sur le résultat d une cure visage ?

Entre la marque qui parle de rajeunissement et la cliente qui attend un miracle, la praticienne avance à tâtons. Le cadre existe pourtant, il est européen et précis. Cet article détaille ce que le règlement cosmétique impose, ce qu il n impose pas, et les formulations que vous pouvez employer sans risque en cabine comme en vitrine.

Par Jimenez Julien, mis à jour le .

Deux esthéticiennes debout de part et d autre d un plan de travail en chêne clair trient des flacons de verre ambré et des pots de porcelaine sans étiquette

La réponse tient en une ligne: vous pouvez promettre un aspect visible, une sensation de confort et une méthode de suivi. Rien d’autre.

Concrètement, sont licites en cabine les affirmations qui portent sur l’aspect de la peau, sur ce que la cliente ressent, sur le déroulé de la cure, et qui reposent sur les revendications que le fabricant du produit assume déjà.

Sont hors champ celles qui annoncent une action sur une maladie, une modification durable des structures profondes, une garantie de résultat ou une exclusivité que vous ne pouvez pas démontrer.

Le reste de cet article détaille la règle, ses six critères et les formulations qui tiennent devant une cliente comme devant un agent de contrôle.

Le socle: le règlement cosmétique européen et la personne responsable

Le cadre applicable à ce que vous appliquez en cabine est européen. C’est le règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques, directement applicable en France, qui définit le produit, la responsabilité et l’encadrement des allégations.

Ce que couvre vraiment un produit cosmétique

Un produit cosmétique est destiné à être mis en contact avec les parties superficielles du corps humain, en vue de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger ou de les maintenir en bon état.

Deux mots de cette définition décident de tout: superficielles et aspect. Une crème, un sérum, un masque agissent sur la surface et sur ce qui se voit. Dès qu’une phrase de vente sort de ce périmètre, elle sort du champ cosmétique.

Ce que le règlement n’exige pas de la praticienne

Le règlement désigne une personne responsable pour chaque produit mis sur le marché. C’est le fabricant établi dans l’Union, ou l’importateur, parfois le distributeur qui commercialise sous son propre nom.

Ce n’est pas vous. Vous n’avez ni dossier d’information produit à constituer, ni notification à effectuer pour les références professionnelles que vous achetez auprès de votre fournisseur.

La nuance compte le jour où un institut fait fabriquer sa propre ligne et la vend sous son nom: la responsabilité change de camp, avec les obligations qui vont avec.

En revanche, vous restez pleinement comptable de ce que vous affirmez, à l’oral en cabine, sur votre carte de soins, en vitrine et dans vos publications. Vous devez pouvoir montrer que vos affirmations s’appuient sur les éléments transmis par la marque, fiche technique ou documentation d’efficacité à l’appui. Demandez-les à votre fournisseur et archivez-les: ce sont vos pièces.

Les six critères communs applicables aux allégations

Le règlement (UE) n° 655/2013 fixe six critères communs auxquels toute allégation relative à un produit cosmétique doit répondre. Ils ne visent pas seulement l’étiquette: ils s’appliquent à la communication qui accompagne le produit, donc à votre discours de cabine.

Conformité, véracité, éléments probants

  • Conformité avec la législation. Une allégation ne peut pas laisser croire qu’un produit possède un bénéfice qui découle simplement du respect d’une obligation légale. Annoncer un soin « sans substance interdite » ne vaut pas argument.
  • Véracité. Vous n’attribuez pas à un soin une propriété que la marque ne revendique pas elle même. Si la fiche technique parle d’hydratation de surface, vous ne parlez pas de comblement.
  • Éléments probants. Toute affirmation doit reposer sur des éléments vérifiables. Une phrase entendue en formation ou lue sur un compte de réseau social n’est pas un élément probant.

Sincérité, équité, choix en connaissance de cause

  • Sincérité. Un résultat obtenu grâce à la cure entière ne s’attribue pas à un seul actif, et une performance mesurée en laboratoire ne se transpose pas telle quelle en cabine.
  • Équité. Vous ne dénigrez ni une catégorie de produits, ni les conseils d’une officine, ni une concurrente. Dire d’une gamme de grande distribution qu’elle « abîme la peau » vous expose plus que la gamme visée.
  • Choix en connaissance de cause. L’information doit être claire, compréhensible et utile à la décision. Une allégation exacte mais noyée dans une phrase ambiguë ne remplit pas ce critère.

Traduits en gestes de cabine, ces six critères tiennent en une question posée avant chaque phrase de vente: puis-je montrer d’où vient ce que je viens de dire ?

La frontière entre soin esthétique et acte médical

C’est la ligne la plus surveillée, et la plus facile à franchir sans y penser, souvent en reprenant le vocabulaire d’une cliente qui vient de citer son dermatologue.

Diagnostic, traitement et pathologie: trois mots à éviter

Une allégation qui revendique une action sur une pathologie sort du champ cosmétique. Nommer une maladie, en attribuer la cause ou annoncer son amélioration relève de l’exercice de la médecine, défini à l’article L. 4161-1 du code de la santé publique.

Trois mots suffisent à faire basculer une phrase: diagnostiquer, traiter, guérir. Remplacez-les systématiquement par observer, travailler l’aspect, améliorer le confort ressenti.

Ce que devient une promesse quand elle parle du derme

Le second basculement est plus discret. Une phrase qui revendique une modification durable des structures profondes de la peau, relance de la synthèse de collagène, action sur le derme, restructuration, quitte le terrain de l’aspect superficiel.

Vous pouvez décrire ce qui se voit et ce qui se ressent, tenu dans le temps par la répétition des séances et par la routine maison. Vous ne pouvez pas décrire ce qui se passerait sous la surface, car vous ne l’observez pas et ne pouvez pas le montrer à votre cliente.

Ce que les praticiennes croient interdit et qui ne l’est pas

Par prudence, beaucoup de cabines s’interdisent des pratiques parfaitement licites, et se privent des seuls arguments qui font vendre une cure à une cliente qui compare.

Montrer des photos avant et après

Rien n’interdit la photographie comparative. Ce qui la rend défendable tient à quatre conditions: aucune retouche ni filtre, des conditions de prise de vue identiques d’une série à l’autre, un consentement écrit distinct pour tout usage montré à des tiers, et une comparaison portant sur la même personne.

Une cabine qui documente son protocole de prise de vue transforme une contrainte en argument. Cette rigueur se joue dès la première visite, comme le détaille notre méthode pour bâtir un bilan de peau non médical et un plan de cure crédible.

Parler de peau mature et de période de ménopause

Nommer la ménopause n’est pas un acte médical: c’est une période de vie que votre cliente évoque souvent la première. Vous pouvez donc parler de sécheresse ressentie, d’inconfort, de perte d’éclat perçue pendant cette période.

Ce qui change tout est le registre. Vous restez dans le confort, l’aspect et la sensation. Vous n’expliquez pas de mécanisme hormonal, vous ne conseillez aucune conduite de santé et vous ne suggérez aucune prise en charge.

Annoncer une durée de cure et un rythme de séances est également licite, à condition de décrire ce que vous faites et non ce que la peau deviendra. Le déroulé d’une cure de six séances pour une cliente de cinquante-quatre ans montre comment cet équilibre se tient séance après séance.

Construire la bibliothèque de formulations de votre cabine

La conformité ne s’improvise pas devant une cliente. Elle se prépare une fois, se met par écrit, et devient le vocabulaire commun de toutes les praticiennes de l’institut.

Une phrase par bénéfice observé

Reprenez votre carte de soins et listez les bénéfices que vous mettez réellement en avant: éclat, confort, souplesse, aspect des taches, aspect des ridules. Pour chacun, écrivez une seule phrase, adossée à la documentation du fournisseur, et n’en changez plus.

Une phrase unique par bénéfice évite trois dérives: l’improvisation de fin de soin, l’escalade quand une cliente hésite, et l’écart entre deux praticiennes qui vendent la même cure avec deux promesses différentes.

Le tableau autorisé, toléré, à bannir

Formulation retenueÀ reformulerÀ supprimer
Cette cure vise un teint plus lumineux, séance après séanceCette cure vous redonne l’éclat de vos trente ansCette cure rajeunit votre peau
Un soin qui apporte du confort à une peau qui tirailleUn soin qui répare la barrière cutanéeUn soin qui guérit la sécheresse
L’aspect des taches brunes est travaillé sur six séancesLes taches s’estompent en six séancesUn protocole qui supprime les taches
Un effet tenseur immédiat et temporaire après la séanceUn effet lifting après la séanceUne alternative aux actes de médecine esthétique
Les résultats varient selon les peaux et la routine suivieVous verrez la différence dès la première séanceRésultat garanti ou séance offerte

Datez ce document, nommez la personne qui le tient à jour, et relisez-le à chaque changement de gamme. C’est votre pièce la plus utile le jour où l’on vous demande sur quoi repose votre carte de soins.

Ce qui se passe quand une allégation dérape

Deux mécanismes distincts existent, et les confondre fait perdre du temps: l’un concerne la loyauté de l’information, l’autre la sécurité du produit.

Le contrôle et la suite

La loyauté de l’information délivrée aux consommateurs relève de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, dont les missions sont présentées sur le site du ministère de l’Économie et des Finances. Ses agents peuvent contrôler une vitrine, une carte de soins, une publication en ligne et un document de forfait.

Une allégation trompeuse est susceptible de constituer une pratique commerciale trompeuse au sens des articles L. 121-2 et L. 121-4 du code de la consommation, publiés sur Légifrance, le site officiel de diffusion des textes. Les suites peuvent être administratives ou pénales, et elles s’apprécient sur ce que vous avez écrit, pas sur ce que vous vouliez dire.

Le signalement d’un effet indésirable

Le second réflexe est celui de la cosmétovigilance. Lorsqu’une cliente signale un effet indésirable grave après l’application d’un produit, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé recueille ces signalements pour la France.

Prévenez également la marque, et consignez immédiatement la date, le produit concerné, le lot si vous l’avez et la conduite tenue. Cette trace est ce qui manque le plus souvent, comme le montrent les erreurs de suivi qui font perdre une cliente entre deux séances.

La formulation juste vend mieux que la promesse forte

Une cliente de cinquante ans a déjà entendu toutes les promesses fortes, et elle a arrêté d’y croire. Ce qui la décide aujourd’hui est une phrase mesurée, tenue jusqu’au bout, et une comparaison qu’elle peut voir de ses yeux à la sixième séance.

Une bibliothèque de formulations écrite, adossée aux documents du fournisseur et partagée par toutes les praticiennes, fait donc deux choses à la fois: elle vous protège, et elle vend. C’est ce que Soinmava met à disposition de votre cabine entre deux rendez vous, avec les phrases de limite de résultat rattachées à chaque plan de cure.

Pour examiner vos propres formulations et repartir avec une bibliothèque adaptée à votre carte de soins, demandez une démonstration de Soinmava.

Vos cures visage méritent une trace écrite

Soinmava tient le bilan de peau non médical, les photos comparables et les séances restantes de chacune de vos clientes, de la première visite au bilan de fin de cure.

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